02.11.2006

Un roman turc prévoit l'assassinat du pape

Mercredi 1er novembre 2006

Le pape Benoît XVI, déjà promis à un accueil peu chaleureux lorsqu'il se rendra en Turquie fin novembre, risque en outre de s'y faire tuer. C'est du moins ce qu'affirme dans son dernier roman un auteur turc, semant l'inquiétude chez les représentants du Vatican.

Dans le livre de Yücel Kaya, Complot contre le pape, le chef de l'église catholique se rend à Istanbul pour proposer au plus haut dignitaire du monde orthodoxe, le patriarche de Constantinople, de mettre fin à plusieurs siècles de schisme et d'unir leurs forces afin de christianiser le Proche-Orient.

Benoît XVI est cependant victime en Turquie d'un attentat à la bombe commis selon toute apparence par des islamistes turcs téléguidés depuis Téhéran, mais en fait fomenté par l'organisation catholique ultra-conservatrice Opus Dei, la loge maçonnique P2 et les services secrets américains.

L'ouvrage aurait sans doute fini à brève échéance dans les oubliettes de la littérature si l'indignation soulevée dans le monde musulman par les déclarations du souverain pontife sur l'islam et plusieurs attaques visant des prêtres en Turquie n'avaient fait naître des craintes pour sa sécurité.

Dans ce contexte tendu, le livre a valu à son auteur une visite du représentant du Vatican à Istanbul, George Marovitch, irrité par la couverture du livre, sous-titré Qui va tuer le pape à Istanbul? et montrant le pape visé par un tireur barbu sur fond de croix enflammée.

«Je craignais que des types pas normaux lisent le livre et en tirent une inspiration», a expliqué à l'AFP Mgr Marovitch, indiquant avoir demandé au romancier une lettre détaillant ses motivations, qu'il a présentée aux dignitaires de la petite communauté catholique de Turquie.

Benoît XVI s'était déjà acquis la réputation de pape anti-turc en estimant, alors qu'il était encore cardinal, que l'éventuelle adhésion de la Turquie à l'Union européenne serait une énorme erreur et une décision contre l'histoire. Il a aggravé son cas aux yeux des Turcs, musulmans à plus de 99 % même si la Turquie est une république laïque, en faisant des remarques liant l'islam et la violence.

Le représentant du Vatican a assuré que les théories avancées par M. Kaya n'ont rien à voir avec la réalité - comme Da Vinci Code, le best-seller international de l'auteur américain Dan Brown.

Interrogé par l'AFP, l'auteur a pour sa part défendu la plausibilité de son scénario.
«J'ai fait beaucoup de recherches. Si vous assemblez toutes les pièces du puzzle, vous voyez que toutes les conditions sont en place pour une telle tentative d'assassinat», a-t-il affirmé, indiquant avoir écrit son livre d'abord pour prévenir les autorités turques du danger.

«Si le pape est tué ici, ce sera un désastre pour la Turquie», a souligné le romancier, dont le livre s'est selon lui vendu pour l'heure à 10 000 exemplaires.

Le Turc Mehmet Ali Agca, qui avait tenté en 1981 d'assassiner le précédent pape Jean Paul II et apparaît brièvement dans le roman de M. Kaya, a lui aussi évoqué depuis sa prison le mois dernier un danger attendant Benoît XVI en Turquie et a appelé le pontife a annuler son voyage.

Source : AFP, Istanbul.

29.09.2006

La Joconde : de nouvelles révélations

Une étude canadienne à base d'imagerie numérique en couleurs et en trois dimensions, commanditée par le Louvre et réalisée par le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) vient de révéler de nouveaux secrets sur la Joconde.

1. Son sourire mystérieux serait celui d'une femme qui vient d'avoir un enfant : Mona Lisa est enveloppée d'un "voile de gaze" fine et transparente normalement porté à l'époque par les femmes enceintes ou venant d'accoucher. C'est quelque chose qui n'avait pas été vu jusqu'à présent à cause du vernis qui cachait ce détail.

2. Léonard de Vinci a eu un remords : il a peint la Joconde les cheveux libres, après lui avoir d'abord fait porter un bonnet.

3. Selon les experts, il n'y aurait pas de mystère dans le tableau, comme dans le Da Vinci Code, le livre de Dan Brown, mais le vrai mystère, c'est que le tableau recèle toute la technique du maître. Le balayage 3D de la Joconde aide à approfondir la compréhension de la technique "sfumato" utilisée par Léonard, constituée d'effets vaporeux fortement ombrés, mais elle contribue aussi à s'attaquer aux problèmes de conservation.

4. Le chef d'œuvre de Léonard, vieux de 500 ans, a encore de beaux jours devant lui. Certes, le panneau de bois sur lequel la Joconde est peinte est sensible à la température et aux variations climatiques mais, dans les conditions d'entreposage actuelles, il n'y a aucun risque de dégradation. Bien que fissurée, la couche de peinture reste soudée au panneau de peuplier qui lui sert de support. Une fissure de 12 cm sur la moitié supérieure de la peinture semble être stable et ne s'est pas aggravée au fil du temps.

5. La surface de la Joconde ne révèle aucun des coups de pinceau. La couche de pigment est extrêmement mince et uniforme. La technique du maître ne ressemble donc à aucune autre. Léonard de Vinci est un cas à part.

6. On a découvert aucune empreinte digitale sur l'œuvre alors que certains experts pensaient que Léonard de Vinci a peint avec ses doigts.

Source : AFP, Ottawa.