27.01.2009

De l'antimatière bientôt en France ?

starburst.jpgLe Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et le CNRS construisent sur le site de la centrale nucléaire de Chooz (Ardennes) un laboratoire pour étudier la plus étrange des particules élémentaires, le neutrino, afin de mieux comprendre la matière et l'origine de l'univers

Des quatre éléments fondamentaux, l'électron, les deux quarks et le neutrino, ce dernier recèle encore bien des mystères. Très abondant dans l'univers (le soleil en envoie de l'ordre de 10 milliards par seconde au centimètre carré), le neutrino est produit par les étoiles, le rayonnement cosmique ou encore par le coeur des centrales nucléaires. Il se déplace à une vitesse proche de la lumière d'un bout à l'autre de l'espace en ne réagissant que très rarement à la matière, ce qui rend son étude très compliquée. "Il faudrait près d'une année lumière d'épaisseur de plomb pour stopper un neutrino", explique le chercheur du CNRS Hervé de Kerret qui pilote l'expérience de Chooz.

Une des énigmes de ce corpuscule est aussi sa faculté de se transmuter dans trois états distincts au cours de son déplacement. L'expérience nommée "Double Chooz" vise à comprendre ce qui gouverne la fréquence de cette "oscillation". Pour cela deux détecteurs identiques placés sous terre, à une distance de 400 et 1000 mètres du coeur des réacteurs vont mesurer et comparer les flux de neutrinos et leurs mutations.
Outre la compréhension intime d'un des composants de la matière, l'étude de cette faculté à "osciller" du neutrino pourrait être une piste pour expliquer le triomphe de la matière sur l'antimatière, pourtant présentes en quantité égale au moment du Big Bang. "A l'heure actuelle, le meilleur candidat pour expliquer la différence matière-antimatière est le neutrino", souligne M. de Kerret.