L'Organisation européenne de recherche nucléaire (Cern) a inauguré mardi 21 octobre 2008 avec faste l'accélérateur de particules le plus puissant au monde, le LHC, malgré sa mise à l'arrêt pour plusieurs mois. Alors que nombre de chefs d'Etat ont été invités pour l'évènement, les vingt pays membres de l'organisation ont choisi d'envoyer des ministres pour les représenter. La France a délégué son Premier ministre François Fillon alors que le Cern espérait jusqu'à la dernière minute la présence du président Nicolas Sarkozy.
Mais l'enthousiasme qui avait accompagné le lancement le 10 septembre du Grand collisionneur de Hadrons risque de manquer, le clou du spectacle ne fonctionnant déjà plus depuis un mois. (...) Selon les résultats des investigations menées par le Cern, c'est une "connexion électrique défectueuse" entre deux aimants supraconducteurs qui a provoqué une fuite d'hélium et conduit à l'arrêt total des expériences sur le circuit de 27 km enfoui à 100 mètres sous terre à la frontière franco-suisse.
Le Cern assure disposer des éléments pour procéder aux changements des aimants "dipôles et quadripôles" qui ont grillé. Mais l'intervention est contrainte par la température proche du zéro absolu (-271,3°) du circuit.
Pour être réparé, l'accélérateur doit être remis lentement à température ambiante, un processus de plusieurs semaines. Une fois les réparations effectuées, il devra être à nouveau refroidi, ce qui nécessite également plusieurs semaines. Au final, l'accélérateur ne pourra reprendre son service avant la pause générale d'hiver, prévue en novembre pour la maintenance de la machine et qui doit durer jusqu'en avril 2009.
Source : Alexandra Troubnikoff.